May 27, 2012

Photos du capitaine Ferber

Ferdinand Ferber, pionnier de l'aviation a vécu à Rue, merci à Monsieur Levrat de nous avoir transmis ces documents d'archives


















May 21, 2012

Une photo de Ferdinand de Rue

Merci à Monsieur Levrat

Apr 30, 2011

Rue 1000 ans


Rue 1000 ans

Nous venons de fêter, dans le cadre du Giron de la Fête des Musiques de Rue, aujourd'hui 30 avril 2011, le 1000e anniversaire de Rue, ou plus exactement la première mention écrite connue à ce jour de l'existence de Rue.

Je remercie sincèrement tous les acteurs de cette commémoration, à savoir :

Monsieur Despland d’Yvonand qui nous a appris que nous avions 1000 ans; Daniel Will qui a préparé et conçu la médaille commémorative; Hubert, ainsi que tous les bénévole et les organisateurs de cette fête des Musiques.

Pourquoi fêtons-nous aujourd’hui ?

Nous fêtons la première mention écrite de Rue et le transfert des droits cette ville à la seconde épouse de Rodolphe lll.

Quelques dates, d’abord afin de nous situer sur l’échelle de l’histoire :

- 975 la vigne est introduite en suisse romande.

- Crainte de l’an mil.

- 1019 la cathédrale de Bâle est consacrée.

Comment se présente notre région avant l’an mil ?

Promasens se trouvait sur la route militaire que les Romains ouvrirent de Milan à Mayence par les Alpes. Cette route reliait Vevey à Moudon et passait par Promasens.

L’on y a trouvé de nombreux vestiges attestant l’existence d’une ancienne ville romaine.

De nombreux vestiges d’habitations ont été retrouvés dans les champs de Blessens, d’Arlens, de Riombochet, notamment des restes de constructions, des tuiles, des tuyaux de plomb, des pièces de monnaie d’Adrien et d’Antonin, un bronze de Septime Sévère.

Plus tard, des hameaux médiévaux ont été construits sur les vestiges de ces habitations romaines nommés villae. On y trouvait des fours à pain, des moulins et des forges.

Avant la fin du Moyen Age, les sources manquent pour savoir comment vivait une famille paysanne "fribourgeoise".

Par analogie à ce que l'on connaît des régions voisines, il est probable que l'on trouvait des constructions en bois ou à colombages sur des sites escarpés, protégés par des fossés et des palissades. La construction en pierre et mortier était utilisée pour les églises uniquement.

Peu à peu, les familles ont exploité les champs, les prés, et les jardins sur des territoires limités, ensemble elles ont utilisé l’eau, la forêt et les pâturages. Peu à peu, les hommes ont commencé à déboiser.

La vigne, aujourd'hui limitée est alors un peu plus étendue.

On trouve déjà des forgerons, cordiers et charrons.

C’est l’usage généralisé du mouton qui contribuera au développement de la tannerie et de la draperie ultérieurement.

La vie s’écoule selon trois temps, le temps des plantes, le temps des bêtes et le temps des hommes auxquels se superpose le temps de Dieu qui façonne le quotidien : les déplacements vers l’église, les cérémonies dont les horaires sont imposés.

La monnaie est celle de l’évêché de Lausanne

Imaginons donc ce promontoire rocheux au pied duquel nous sommes : nous ne savons pas grand chose de ce qui est le lieu de la construction du château quelques années plus tard. La campagne aux alentours est modérément exploitée.

Ce que l’on sait, par contre, c’est que la diversité des itinéraires était stupéfiante : il existait un nombre incalculable de chemins pour se rendre d’un endroit à un autre.

De quoi vivent les seigneurs : des revenus de la terre, mais aussi de prélèvement sur le trafic routier.

Comment la Bourgogne fut partagée entre l’empire germanique et la future Savoie…

et qui est Rodolphe lll ?

(Avant Rodolphe, un dénommé Bos(s)on avait été fait roi de Bourgogne, bien qu’il ne fût pas d’ascendance noble)

En 888, Rodolphe I, lointain descendant de Charlemagne est sacré roi de Bourgogne à Saint-Maurice, son père est d’origine bavaroise.

L'actuelle Romandie fait partie du royaume de Bourgogne. Ce n’est pas la région de France que nous connaissons actuellement. Couplée au Comté de Provence, elle s’étendait d’Arles à Besançon en passant par Lyon, de Bâle à Nice en passant par Aoste. C’est l’un des vastes royaumes en l’an mil. La Bourgogne est entourée par le royaume de France, le Duché de Souabe et le royaume de Lombardie.

Le fils de Rodolphe premier, Rodolphe II épouse Berthe de Souabe, la célèbre reine Berthe, ils ont un fils Conrad III, qui épousera Mathilde, fille du roi de France.

C’est leur fils est Rodolphe III qui nous réunit aujourd’hui. Il épouse, en seconde noce, il y a mille ans, Ermengarde, qui est veuve du comte de Provence et sœur de Humbert aux Mains blanches, comte de Savoie.

Mais qui est Rodolphe III ? Un soudard capable de faire assassiner. On le nomme le fainéant. Il est présenté par les historiens, comme un homme faible, manquant de courage.

On dit de Rodolphe qu’il était impuissant, que Berthe, sa sœur, en serait responsable, ce serait pour cette raison et pour se venger qu’il a choisira lui même ses héritiers.

Mais voici l'An Mil ! Beaucoup de gens croient à la fin du monde et les princes font des dons à l'Eglise.

En fait, pouvoir politique et pouvoir religieux se confondent.

En 999 Il offre à l'évêque de Bâle la presque totalité du Jura actuel.

Pour se concilier l'appui du clergé contre les nobles, il fit plusieurs donations importantes aux évêques de Sion et de Lausanne. Il semblerait qu’il s’agisse plutôt d’une volonté de se débarrasser des offices mineurs.

En 1011, il cède le "comté de Vaud" à l’évêque de Lausanne, c'est-à-dire la charge de comte et les droits régaliens (droits publics exercés à l'origine par le roi) sur les routes, les péages, les forêts, la monnaie, les marchés, les mesures, les eaux, les criminels, dans le territoire du comté.

En 1011, Rodolphe III épousa Ermengarde, une parente si proche du futur comte de Savoie, Humbert Ier aux Blanches Mains, qu’il est vraisemblable qu’elle en était la sœur, selon une hypothèse souvent défendue par certains historiens. Rodolphe III donna à son épouse un douaire considérable.

C’est le texte de cette donation que vous trouvez à l’entrée de cette salle. Le sceau de Rodolphe est celui que vous retrouverez sur la petite médaille commémorative. Ermengarde donne tout à l’église et bien vite, ces terres royales passèrent aux mains du comte Humbert aux Blanches Mains, qui devient conseiller de l’empereur et Comte de Chablais. Ainsi débute la Maison de Savoie, sous laquelle Rue va vivre durant de longues années.

Mort sans postérité, le 6 septembre 1032, Rodolphe lll sera enterré à la cathédrale de Lausanne, toute neuve.

Il avait institué comme son héritier, l'empereur germanique Conrad le Salique qui se fera couronner roi à Payerne en 1033.

Gardons ces lieux vivants aussi longtemps que possible en nous souvenant que la terre sur laquelle nous vivons ne nous est que prêtée par nos enfants.

Rue, le 30 avril 2011

Sources :

Nouvelle histoire de la Suisse et des Suisses, tome I, Payot 1982

Les Pays Romands au Moyen-Age, ouvrage collectif, Territoires, Payot 1987

Apr 20, 2011

Document à vendre Archives concernant Rue



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Dec 18, 2009

Promasens et le lac de Brêt










Oct 17, 2009

PUBLICATION QUELQUES MOMENTS DE L'HISTOIRE

Editions LEP 2009 Le Mont sur Lausanne
ISBN 978-2-606-01212-0

UNE PAGE DE L'HISTOIRE



DICTIONNAIRE HISTORIQUE ET STATISTIQUE DES PAROISSES CATHOLIQUES DU CANTON DE FRIBOURG

par le P. Apollinaire Deillon, ORD. CAP. 1899

Rue, Rua, Rota, Rotavilla, Ruw.

Altitude : le château 681, Abergement 607, aux Augustins 673, la Ville 668.

Patron : Saint Nicolas, évêque (6 décembre)

Statistique

Nombre de maisons habitées : 83

Nombre de ménages : 104

Bourgeois de la commune de résidence : 208

Bourgeois d’autres communes : 143

Bourgeois d’autres cantons : 60

Etrangers : 7

Catholiques : 408

Protestants : 10

Langue maternelle française : 406

Langue maternelle allemande : 11

Nombre de contribuables en 1888 : 137

Valeur des immeubles : 1.133.965 francs

Capitaux imposables : 561.428 francs

Produit de l’impôt : 13.687 francs

Produit de l’impôt sur le commerce et l’industrie : 450 francs

Dépense pour l’assistance des pauvres : 1.352 francs

Fonds des écoles, pour deux écoles avec 69 élèves 31.865 francs

La pittoresque situation de Rue, la douceur de son climat, la facilité de s’y fortifier à une époque où régnait le droit du plus rusé et du plus fort, ont dû attirer les regards des premiers habitants de la contrée dans les temps préhistoriques. Les preuves du passage des Romains dans le voisinage sont nombreuses : routes, ruines, monnaies, tombeaux, tout redit la gloire du peuple-roi.

L’histoire de Rue depuis les Romains jusqu’au XIe siècle est enveloppée de profondes ténèbres.

Une famille noble prit le nom de nobles de Rue. Il serait aujourd’hui impossible de dire d’où elle venait et l’origine de ses droits sur Rue. Elle possédait un château qui occupait naturellement l’emplacement du château actuel, lieu fortifié par la nature et dominant toute la plaine ; de ce nid d’aigle les seigneurs pouvaient surveiller leurs ennemis.

Rodolphe de Rue est un des premiers membres connus de cette famille ; il apparaît fréquemment dans les archives du couvent Hautcrêt, d’Hauterive, vers le milieu du XIIe siècle. Dans une convention entre les religieux de Hautcrêt et Garnier de Palézieux, commencée au château de Rue et terminée sur le Pré situé entre le couvent et La Biordas, Rodolphe de Rue est élevé au rang de protecteur de cette abbaye. Il paraît que Garnier avait causé des dommages au couvent, car l’acte dit que s’il refusait d’accomplir ce à quoi il s’était engagé, Rodolphe de Rue s’emparerait du fief qu’il tenait de lui et le retiendrait jusqu’à ce qu’il eût pleinement satisfait. (M. et D., XII, p 12)

Ce même Rodolphe, avec Gaucher de Blonay, investit en 1161 les religieux de Haucrêt de la dîme de la Grange de Bouloz, donnée à ces religieux, par Hughes de Rueyres. (Id.,p. 198)

Il paraît aussi comme témoin en 1162, dans un acte de donation de Pierre de Gruyères et de sa mère Julienne de Glâne, faite au courant d’Hauterive. (Arch.soc.d’hist., vol VI, p. 4)

En 1190, époque où il vivait encore, il se dit fils de Guillaume, seigneur de Rue. (Id., p. 111)

Conon de Rue apparaît comme caution du chevalier Pierre de Blessens, dans une convention entre Nicolas de Moudon et Haucrêt. (Id., p. 16, 186, 31)

Conon était chevalier et père de Guillaume. Il vivait entre 1160 et 1177. Quelques-uns de ses serfs s’étaient rendus à Haucrêt et ils y avaient fait profession, ce qu’ils ne pouvaient faire sans le consentement de leur seigneur, vu qu’ils n’étaient pas libres.

En 1188, cependant, dans un accord avec l’abbaye, il cède non seulement ses hommes entrés à l’abbaye, mais il renonce à tous sses droits sur la Grange de Bouloz en faveur du monastère. (Id., p. 47)

On peut ensuite citer Albert de Rue, de 1177 à 1200, Nantelme de Rue, moine, Jocerand ou Jocelin de Rue, qui donna sa propriété du Desaley au monastère d’Hauterive. (Id., et XIX, p. 560)

Le 1er juillet 1221, Albert, seigneur de Rue, fait une donation au Chapître de Lausanne en présence de l’évêque Guillaume d’Ecublens. (M. et D., VI et XIX, p 12)

Rodolphe de Rue, l’aîné, fut héritier d’Ulrich d’Ursy, donzel ; il se fit enterrer à Haucrêt et il donna à cette abbaye une rente de 3 sols à prélever sur sa terre de Chapelle, paroisse de Promasens. C’est probablement la même qui revendit l’avouerie de Vevey à Aymon de Blonay pour le prix de 50 L. ; il l’avait obtenue pour le même prix de Guillaume de Genève en 1245.

Jean de Cossonay, reconnu évêque de Lausanne, se trouvait à Rue en 1240 avec l’avoyer de Berne, Pierre de Bubenberg, pour faire le siège de cette ville et château ; il releva l’avoyer de Berne de son excommunication qu’il avait encourue à cause des dommages et pertes causés à l’évêque saint Boniface.

La ville et le château furent emportés et ce dernier détruit. Le 3 octobre de la même année, Aymon de Faussigny déclara qu’il ne pourrait être reconstruit sans son assentiment et celui du comte de Kibourg, et Aymon s’y opposait pendant vingt-cinq ans à partir du samedi après la Saint-Michel. (Peter. II, No 112)

Quelle était la cause de cette guerre contre les seigneurs de Rue ?

A cette époque les seigneurs du pays se trouvaient si divisés qu’ils se faisaient une guerre continuelle qui dégénérait en vrai brigandage. A l’élection de Jean Cossonay à l’évêché, le sang avait coulé à Lausanne ; les partis de l’empereur Frédéric, de la Bourgogne, de la Savoie mettaient les petits seigneurs à la merci des grands et des puissants.

Dans le courant de l’année 1247, Aymon de Faussigny fit la paix avec Rodolphe, seigneur de Rue (c’est probablement le cadet) ; celui-ci céda tous les droits qu’il avait sur la seigneurie de Rue à Aymon en lui prêtant hommage ; de plus il lui donna pleine liberté de construire ce qu’il lui plaira dans l’enceinte du château. L’acte est muni des sceaux du seigneur de Rue, du comte de Gruyère et d’Ulrich de Vuippens. (Peter. II, No 207)

Pierre de Savoie, à son retour d’Angleterre, se fait encore prêter hommage par Rodolphe de Rue (janvier 1251), car Aymon de Faussigny devenait aussi vassal de la Savoie. (Id., No 424)

Le dernier représentant des seigneurs de Rue parât être Jean, fils de Rodolphe (le cadet) ; il était neveu de Jean de Cossonay, évêque de Lausanne. Jean de Rue dut supporter les conséquences du mauvais état des affaires de son père et de sa famille. En procès avec Pierre de Savoie pour les dommages que les de Rue étaient censés lui avoir causés, il pria l’Evêque, son oncle, de s’interposer et de l’aider à sortir de sa triste position. L’Evêque prononça qu’il donnerait son château de Rue en hypothèque pour réparer les pertes qu’il avait causé à la Savoie, estimées à 20.000 marcs d’argent. 10 juin 1260. (Peter No 542)

Jean de Rue, pour faire face à ses créanciers, vendit à son oncle en 1267 plusieurs propriétés, la dîme d’Oran, une partie de celle du Jorat, le péage de Bouloz, etc.

Les de Rue disparaissent avec le seigneur Jean. La seigneurie passe à la Savoie ; en 1282, Béatrice, fille du petit Charlemagne et dame de Faussigny, la possédait ; elle céda au comte Amédée les châteaux de Genève, des Clées et de Rue. (Id,, No 485)

La domination des de Rue finie, la seigneurie fut gouvernée par les représentants de la Savoie jusqu’en 1536 où elle tomba au pouvoir des Suisses. Depuis, Rue est resté à Fribourg avec des baillis fribourgeois qui ont conservé la religion catholique dans la paroisse.

Rue, sous l’administration de la Savoie et de Fribourg, avait plusieurs familles nobles : les de Prez, les Métral, qui y possédaient la métralie ; les Gonel : leur seigneurie de Bionnens passa aux Techtermann par le mariage de Françoise, fille unique de Georges Gonel, avec Wilhelm, fils de Pancrace Techtermann ; les de Pesmes, seigneurs de Brandis, possédaient un château à Rue ; enfin les de Maillardoz, famille qui a donné des militaires et des magistrats distingués, plusieurs prêtres et religieux pleins de mérites.

Première chapelle de Rue

Il est impossible de déterminer quand fut construite la première chapelle à Rue ; l’existence d’un château dans les XIIe et XIIIe siècles et l’éloignement de l’église paroissiale de Promasens font bien supposer la construction d’une chapelle dans le voisinage du château, mais on ignore totalement en quoi consistait cette première chapelle.

Le 8 octobre 1306, l’évêque de Lausanne, Jean, permit au chevalier Richard de Prez et à quelques-uns de ses parents d’élever une chapelle ou un autel dans la chapelle de Rue, située dans l’enceinte du château, en l’honneur de Saint-Nicolas, et d’y établir un chapelain avec une dotation de 10 L. laus. de revenu, qui célèbrerait la messe à cet autel selon les intentions du fondateur.

« Le recteur de la nouvelle fondation devra habiter le bourg de Rue ; il ne lui sera pas permis de revêtir les fonctions de vicaires, soit de desservir une paroisse, pas même celle de Promasens. »

D. Pierre de Fiez, curé de Promasens, donna son approbation à la présente fondation, « mais, pour éviter tout abus, le bénéficier devra célébrer la messe au point du jour ; toutes les oblations déposées sur l’autel appartiendront au curé, à l’exception des cierges et des bougies qui seront présentées pendant la messe. Nous voulons et ordonnons qu’à l’occasion des offices de neuf leçons célébrées à Rue par le curé de Promasens, le chapelain l’aide dans le chant des matines, de la messe et des vêpres. Mais, dans l’église de Promasens, il n’est tenu à se présenter aux fêtes de Noël, de Pâques, de la Pentecôte, de l’Assomption, de la Toussaint, de la Dédicace. Si le chapelain était négligent dans l’accomplissement de ses devoirs, une partie, une années même du revenu de son bénéfice peut lui être otée. Après la mort du fondateur, le curé de Promasens jouira du droit de nomination à ce bénéfice. Fait le 8 octobre 1306. » (Mémorial, I, P. 332)

La chapelle de Saint-Nicolas reçut des dons et des fondations de différentes personnes ; la famille de Prez se distingua par sa générosité.

Le 15 octobre 1388, un certain nombre de bourgeois étaient réunis pour aviser aux moyens d’améliorer le bénéfice du chapelain de Saint-Nicolas, possédé par D. Pierre Juge (Judicis). Aymon de Prez, donzel de Rue, dona sa maison, située au bourg de Rue, entre celle de Jean Trossel et celle d’Aymon Gandillet ; il ajouta encore 100 sols de rente ; Mermet Maillardoz une rente de 60 sols, et son frère Nicolas 20 sols de rente ; Henri de Saint-Cierge 15 ; Richard de Rueyre 10 sols ; Jean Paillard 10 sols. Ce qui formait une rente de 215 sols. Le chapelain devait célébrer 4 messes par semaine. – Donné le 28 novembre 1338. Signlé : ESPA, notaire.

D. Pierre Augeri, vicaire-amodiateur de l’église de Promasens et recteur de la chapelle de Saint-Nicolas, se présenta au château de Lucens le mercredi après la Saint-Denis 1459 et demanda que cette fondation, rédigée simplement sur du papier, fût transcrite sur du parchemin, afin qu’elle fût conservée pour les générations futures. Georges de Saluces consentit volontiers à cette juste demande et l’acte fut copié sur parchemin en cours au château de Lucens et muni des sceaux requis.

D’autres fondations furent faites postérieurement à celles-ci, mais les titres n’existent plus. Je ne trouve pas d’autres renseignements sur Rue jusqu’à la visite pastorale de 1453.

Jusqu’en 1436, les paroissiens de Rue devaient porter leurs enfants à Promasens pour y recevoir le baptême ; en raison de la distance il y avait, surtout en hiver, bien des inconvénients, des dangers même pour la vie des enfants et des femmes qui les accompagnaient. Rue était un bourg d’une certaine importance, et là était groupée la plus grande partie de la population de la paroisse.

Jean de Prangins, évêque de Lausanne, à qui les habitants de Rue s’étaient adressés, comprit tous les inconvénients de la position ; il permit l’établissement de fonts de baptême dans la chapelle de Rue, aux conditions suivantes : On fera bénir l’eau du baptême à Promasens aux jours prescrits et on la transportera à Rue ; le curé conservera les droits et honoraires ordinaires, soit le casuel ; il devra lui-même ou son vicaire ou un chapelain administrer le baptême dans la chapelle de Rue, le cas de danger de mort de l’enfant excepté. Les paroissiens de Rue auront les mêmes obligations envers l’église de Promasens qu’avant cette faveur.

D. Etienne de Prez, curé de Promasens, consentit à toutes ces clauses et privilèges. – Fait au château épiscopal de Lausanne, le 18 avril 1436. (Arch. de Promasens)

C’était un acheminement vers la séparation, mais deux siècles allaient encore s’écouler avant de l’obtenir ; cependant un nouveau pas fut fait en 1453, à l’occasion de la visite ordonnée par Mgr Saluces.

Le curé de Promasens soutenait que la chapelle de Rue n’était qu’une filiale de l’église paroissiale et qu’elle lui était unie avec ses rentes. Les nobles bourgeois de ce bourg affirmaient au contraire que cette chapelle avait un bénéfice distinct et séparé de Promasens depuis son établissement, dont avaient joui les différents chapelains qui l’avaient occupé, D. Bron entre autre qui fut chapelain de Rue jusqu’à sa mort. En conséquence, ils réclamaient du curé un prêtre pour desservir leur chapelle.

Les délégués de l’Evêque, devant qui cette cause fut portée, déclarèrent : 1o que la chapelle de Saint-Nicolas avec ses droits et rentes devait être unie à l’église paroissiale et qu’elle ne pourrait jamais en être séparée à l’avenir ; 2 o que le curé de Promasens devait avoir un prêtre ou vicaire à Rue, dans la maison qui lui est destinée, et qu’il devait toujours célébrer dans cette chapelle les fêtes et dimanches au lever du soleil, y publier les mandements et ordonnances épiscopaux et du doyen de Vevey, dans le décanat duquel la paroisse était située, les choses surtout qui concernaient les habitants de Rue, qui ne pourront jamais être séparés de leur église-mère de Promasens et y contribueront à l’entretien des bâtiments, du clocher, des cloches et des ornements.

Les habitants de Rue obligeront dans l’espace de vingt jours noble Pierre Gonelli à remettre au curé de Promasens une pose de vigne, située dans la paroisse de Vilette.

Le curé devra en conséquence, par lui-même ou par son vicaire, célébrer une messe à Rue, fêtes et dimanches, au lever du soleil, y publier les mandements, et y bénir le pain, y chanter les vêpres. Chaque lundi il fera chanter une messe pour les défunts avec les collectes ordinaires, ans lesquelles il n’oubliera pas de citer les nobles de Prez et noble Pierre Gonelli, principaux bienfaiteurs de l’église de Rue. Les jours de l’Annonciation de Marie, des Rameaux, les trois derniers jours de la semaine Sainte, de Pâques, du patron, de la Dédicace, le curé ne fera pas célébrer de messes à Rue. Les enterrements se feront à Promasens ; mais, à la demande des parents, le curé devra célébrer une messe à Rue avant d’aller au cimetière.

Le jour de Noël, le curé devra faire chanter les Matines et une messe à Rue, ainsi qu’aux autres fêtes, comme l’usage a toujours existé. Les paroissiens de Rue pourront toujours faire leurs confessions et baptiser ans leur chapelle.

Donné à Vaulruz, samedi deuxième de juin 1453. Signé : Hugo de Becca (Arch. de Promasens)

La chapelle de Rue était desservie par plusieurs prêtres : le chapelain de Saint-Nicolas, ou le vicaire du curé, qui devait résider dans le bourg ; le chapelain de Notre-Dame, celui de la Trinité, et de Saint-Antoine ; mais ces chapelains ne pouvaient exercer aucune fonction en dehors de la messe, qu’ils célébraient à leur convenance, ou à l’heure déterminée par les fondateurs et les patrons.

Le curé de Promasens, devait avoir un vicaire à Rue, retirait les rentes de la chapelle de Saint-Nicolas ; c’est pourquoi les Visiteurs ordonnèrent de lui remettre la jouissance de la vigne donnée par les nobles Gonel.

Don d’une vigne, par Pierre Gonet

L’acte de donation est de l’année 1456, mais le don fut fait antérieurement, comme on peut le voir dans la difficulté tranchée en 1453 par les délégués de Saluces.

Pierre Gonel, donzel de Rue, donna au curé de Promasens, comme recteur et directeur des chapelles de Rue, une vigne d’une pose, située à Vilette au lieu-dit « Nusclion » ; elle est franche de toute redevance ; cette donation est faite afin que le curé de Promasens ou un autre prêtre vienne célébrer à Rue, chaue dimanche, une messe basse et une messe chantée, chaque lundi.

Il donna encore au clergé de Promasens et de Rue une rente de 100 sols. Ces 100 sols et 20 autres donnés par Nicolette de la Monea, pour que le curé ou son vicaire vienne chanter les vêpres, chaque dimanche de l’année, dans la chapelle de Saint-Nicolas, les grandes fêtes exceptées.

Le même clergé dira la messe et célébrera mon anniversaire et celui de mon père et de ma mère, de Nicolette, ma tante. Donné le 21 juin 1456. (Arch. de Promasens)

Séparation de la commune et bourg de Rue de l’église paroissiale de Promasens

Depuis 1453, le curé de Promasens devait avoir deux vicaires, l’un résident à Rue, l’autre à Promasens ; mais des plaintes s’élevèrent fréquemment contre les curés qui négligeaient d’accomplir l’arrêté des délégués de Saluces. Les curés s’adressèrent même quelque fois à l’Etat pour être exemptés de cette obligation. En 1597, le bailli de Rue Gribolet fit paraître un mandat sur cette affaire ; il y est déclaré qu’ensuite de la supplication du curé de Promasens relative à l’habitation du curé de Promasens relative à l’habitation que feu le Vicaire général a ordonnée pour le vicaire de Rue et pour être exempté de cette double charge, le bailli trouve convenable et juste qu’il y ait un prêtre à Rue ; mais celui-ci doit aider le curé aux jours de grandes fêtes, etc. Le bailli engage donc le curé à se soumettre à l'ordonnance du Vicaire général ; cependant, s’il a des raisons légitimes d’opposition à cette innovation, il peut les faire valoir devant le légat de Sa Sainteté, qui se trouve à Fribourg. Le 7 août 1597. (Arch.cant. Rue No 376)

Vers 1620, la question de la paroisse fut agitée. Les PP. Augustins, collateurs de l’église de Promasens et d’origine allemande, ne pouvaient plus pourvoir au service divin ; de nombreuses difficultés surgissaient de tous côtés, et le bourg de Rue, avec son territoire, demanda l’érection de son église en église paroissiale.

Les offices commencèrent en 1621 ou 1625 ; mais l’acte de séparation ne fut donné que le 3 avril 1638 par J. Schueler, chanoine de Saint-Nicolas et Vicaire général. Il reconnut la nécessité de cette séparation pour éviter des maux nombreux, entre autres le contact des pays protestants, etc. Les limites des deux paroisses furent déterminées par les baillis de Rue et de Romont, le 26 janvier 1637.

En signe de reconnaissance de l’ancienne mère-église, les paroissiens de Rue payeront annuellement 10 écus au collateur et recteur, et 3 écus au curé de Promasens.

Le Sénat de Fribourg jouira du droit de patron sur la nouvelle paroisse et nommera les curés à chaque vacance.

Les nouveaux paroissiens fourniront à leur curé une habitation, les cierges pour le luminaire du chœur. Donné le 3 avril 1638 Jacques Schueler, Vic, gén.

Peu après la fondation de la chapelle Saint-Nicolas, des personnes pieuses et généreuses fondèrent d’autres chapelles ou autels dans la même église. L’autel de la Sainte Vierge est encore l’œuvre de Richard de Prez. Je n’ai pu découvrir l’année de la fondation ; mais elle eut probablement lieu quelques années après la construction de la chapelle Saint-Nicolas. Le chevalier Richard ne vivait plus en 1352 ; sa veuve Bonares avait épousé en secondes noces le chevalier antoine de Villens. Richard de Prez avait deux frères, feu Guillaumes en 1332, et Jean de Prez, donzel. Perrod, dit de Saint-Martin, était fils de feu Guillaume. (Arch. de Promasens)

Le 4 janvier 1417, l’évêque de Lausanne fit la visite de l’église de Rue pour visiter la chapelle de Notre-Dame ; Jean de Dola en était le recteur. En 1427, cette chapelle possédait deux poses de terre au territoire douz bos èss escace (ville du bois Ecassey), quelques poses à Arlens et ailleurs. (Arch. de Promasens)

Rolet don Russel de Montet, en 1430, lui avait légué 6 L. (Id)

Autel de la Trinité

Marmet Maillardoz avait ordonné par testament d’élever dans la chapelle de Saint-Nicolas un autel en l’honneur de la Sainte Trinité ; il laissa à ses deux fils Jean et Antoine le soin de construire cet autel. Le fondateur avait donné pour donation une certaine quantité de terre, située à Saint-Martin de Vaud, achetée des frères Girard et Jean d’Illens. Le chapelain avait l’obligation d’y célébrer au moins cinq messes par semaine. Le droit de collation et le patronat furent laissés aux héritiers et descendants du dit Mermet.

Les frères Jean et Antoine Maillardoz moururent sans avoir exécuté les ordres de leur père ; mais les petits-fils, Jacques et Jean, fils de d’Antoine, se firent un devoir d’accomplir la volonté de leur grand-père. Par acte du 24 août 1456, ils reconnaissent la fondation en terre et celle d’une rente annuelle de 8L. en faveur du chapelain D. G. Probus.

Antoine Maillardoz, par son testament du 11 novembre 1451, reconnaît avoir fait élever cet autel avec l’approbation du pape Félix V et avoir légué, pour sa dotation et célébration de quatre messes par semaine : 1o la dîme de Gillarens ; 2o un muids de vin, que ses héritiers livreront chaque année, en attendant qu’ils aient acheté une pose de vigne à Montreux, de franc alleu ; 3e une rente annuelle de 75 sols. Il reconnaît en même temps la fondation de son grand-père paternel, et celle de Nicolas, son grand-père maternel.

Il établit par le même testament son parent D.G. Probus, chapelain de cet autel.

Les héritiers d’Antoine Maillard et futurs collateurs de ce bénéfice furent ses enfants : Jean, Antoine, Pierre, François, Humbert et l’enfant dont sa femme Isabelle se trouve enceinte.

- Fait sous les sceau de la chatellenie de Rue, 11 novembre 1457 (Arch. de Promasens)

D’autres dons furent faits à cette chapelle par différentes personnes, et plusieurs anniversaires y furent fondés.

Visite pastorale du 28 mai 1453

Les délégués de Mrg Saluces, après avoir visité l’église de Promasens le dimanche de la Trinité, vinrent à Rue le lundi ; ils y passèrent la journée.

L’église de Saint-Nicolas de Rue était filiale de Promasens ; elle jouissait du baptistère, de la présence réelle, et du droit de cimetière et des saintes huiles ; elle avait trois autels, soit trois chapelles. Les visiteurs ordonnèrent diverses réparations ou achats, comme un encensoir avec la navette et des chandeliers. La charpente nue reposait sur les murs sans plafond, laissant passer la saleté sur l’autel. Les visiteurs ordonnèrent de plafonner le chœur.

Le tabernacle ou la niche de côté de l’évangile n’existait pas, aucune lumière devant le Saint Sacrement, la saleté et les vers pénétraient dans les eaux du baptème.

Autel de la Sainte Vierge. Fondé par feu le chevalier Richard de Prez avec une dotation de 10 L., il reçut la consécration du Visiteur F. de Fuste, évêque de Grenade ; il accorda 40 jours d’indulgences à ceux qui le visiteraient le jour de la Conception.

Le bénéficier Jean, fils de Gui de Prez, clerc, n’était pas encore prêtre ; il avait été nommé par son père, qui jouissait du droit de collation ; mais le curé de Promasens soutenait que ce droit lui appartenait.

L’autel de Saint-Antoine, placé du côté gauche du chœur, n’ayant pas reçu de consécration, l’Evêque procéda à cette cérémonie. Il avait été doté de 10 L. par noble Jean de Prez ; le chapelain devait célébrer chaque semaine quatre messes. Le droit de présentation appartenait aux nobles Jean, Guillaume et François Champion, dont la mère fut la sœur du fondateur. D.Jean Clerc ou Cleroni en était le chapelain.

Autel de Sainte Trinité. Il était situé prés de la porte de la chapelle et non consacré ; il le fut par les Visiteurs. Le fondateur fut noble Mermet Maillardo, qui le dota d’une pièce de etrre valant 17 L. environ. Antoine Maillardo devait payer 8 L., soit la moitié de cette rente. Il modifia cette dette ; au lieu de 8 L., il donna un muid de froment, un muid de vin et 70 sols. Jean et Antoine Maillardo devaient payer cette rente.

La chapelle n’avait pas de bénéficier, mais l’évêque de Grenade y nomma, au nom des Maillardo, D. Guillaume Precca de Vevey. L’autel manquait de tout ce qui était nécessaire pour y célébrer ; les Visiteurs ordonnèrent aux collateurs d’acheter un calice, un missel et les ornements nécessaires.

Fondation de l’autel de Saint Léger

« A l’honneur de la Sainte Vierge et de S.(Eligii) Léger ; Nous Guillaume Gonel, donzel, prieur et recteur de la confrérie établie dans la chapelle de Saint-Nicolas à Rue, et son frère Jean Gonel, donzel, Jean Blanchet, notaire et bourgeois de Rue, à notre nom et à celui de D. André Caillat, vicaire de Promasens ; de Nicod Levet, Pierre Rolaz, Jean Brailliard, Michel Brailliard, Etienne Villard, Claude Favre, Maurice Monet, Mathias Favre, Pierre Rosset, Claude Levet, François Rubat, Jaquet Bonet, Louis Chardollion, Jean Prélaz, Richard Brochon, Claude Rebitel, Nicold Morel, et au nom des nobles femmes Claudine, femme de G. Gonel ; Léodegarie, femme du dit noble Jean Gonel et des autres honorables femmes des nommés ci-dessus ;

Pour le salut de nos parents défunts, pour l’augmentation du culte divin, nous établissons une chapelle au dit autel de Saint-Nicolas de Rue, élevé et fondé avec le consentement de D. Henri Sapiensis, chanoine de Lausanne, curé de Promasens, à l’honneur de Saint-Léger, qui sera desservie par un prêtre digne et capable avec la charge de célébrer trois messes par semaine, et cela perpétuellement ; si la chapelle devenait vacante, les descendants des fondateurs, prêtres ou destinés à la prêtrise, seront préférés dans la présentation au bénéfice.

Le chapelain sera tenu à la résidence à Rue, dans la maison que nous les fondateurs nous lui procurerons.

Le droit de présentation à ce bénéfice appartiendra au prieur soit recteur de la confrérie, comme il a été convenu avec le curé de Promasens, qui aura une rente d’un bichet de froment, et le chapelain sera tenu de l’aider dans le chant des matines, de la messe et des vêpres.

Les fondateurs donnèrent pour la dotation de cette chapelle303 florins d’or, chaque florin valant 12 sols.

Ils présentèrent à l’Evêque comme premier chapelain D. André Calliat.

Fait à Lausanne, dans la maison capitulaire qu’habite le chanoine Sapiensis, le 24 mars 1522. »

L’autel de Saint-Charles Borromée fut commandé au commencement du XVIIIe siècle par Charles Conus, notaire à Rue et banneret. La bourgeoisie avait construit la chapelle pour l’y placer. Le notaire étant mort avant que l’ouvrage fût terminé, son fils, curial à Rue, fit élever l’autel. M. Brautigam, peintre et doreur à Bulle, fit les quatre tableaux, et son fils Antoine peignit et dora l’autel en 1730 pour le prix de 90 écus.

Le Vicaire général de Forel s’intéressait beaucoup à cet ouvrage et à cette chapelle ; il fut en instance auprès de l’Evêque pour la doter.

Telles sont les différentes chapelles ou autels dans l’église Rue.

La chapelle de Saint-Nicolas, depuis le XIIIe siècle, a subi beaucoup de transformations ; mais, sur ce point, les documents font totalement défaut.

La nef et les chapelles furent reconstruites et l’église de nouveau consacrée, le 17 juin 1735.

Les chapelles, soit nefs collatérales, furent prolongées à la longueur de la nef centrale en 1874 ; ce qui amena une nouvelle consécration, le 11 mai 1875.

La bourgeoisie de Rue, ayant obtenu la séparation du territoire de cette commune de l’église paroissiale de Promasens, par acte daté de 1622, écrit en allemand par feu D. Jacques Koemerting, Vicaire général, mais traduit en latin le 13 avril1638 par feu D. Jacques Schueler, Vicaire général, demanda une spécification des droits et devoirs du curé et des paroissiens. Une pièce de genre avait été établie par le Vicaire général Schueler ; mais, comme elle était égarée, on en fit dresser une nouvelle, d’entente avec le curé Maillardoz.

Le curé devra chanter les matines et laudes aux fêtes de Noël, Pâques, pentecôte et les trois derniers jours de la Semaine Sainte , il chantera les premières et secondes vêpres et laudes aux quatre principales fêtes et à la Circoncision, l’Epiphanie, Ascension, Fête-Dieu, Toussaint ; aux fêtes de la Vierge, Dédicace, Patron, ainsi que les vêpres et complies pendant l’octave du Saint Sacrement avec processions et les grand’messes.

Les jours des fêtes de Sainte Barbe et de Saint Roch étant fêtes votives pour être préservé du feu et de la peste, il chantera la messe et les vêpres, comme aux fêtes des Apôtres, de Saint Laurent, Saint Baptiste, Saint Etienne, etc.

Il chantera une messe tous les lundis avec Libera pour les fidèles trépassés, et une messe le vendredi avec procession et prière Stella Coeli ; à Saint Sébastien : Cesat Morbus ; à Saint Roch : Ave Roche. Pour ces prières, le curé jouissait du pré dit Marêt.

Un certain nombre de processions, outre les processions prescrites par l’Eglise, étaient établies par dévotion : deux fois par an à Notre-Dame-des-Champs, une fois à Promasens.

Le curé devait alternativement prêcher et faire le catéchisme. Il avait la charge des réparations du chœur et de fournir deux pots d’huile pour la lampe ; la paroisse fournissait le reste. Mais le curé, pour s’indemniser des débours occasionnés par cette charge, avait la jouissance du pré dit « Grand Marêt ».

Mrg Strambin, en approuvant ce règlement, y apporta quelques modifications, par exemple, pour les vêpres non fondées à certaines fêtes et autres dévotions libres. – Donné le 20 juillet 1670.

Le peuple assistait autrefois assez régulièrement à ces actes de dévotion ; mais, insensiblement, la piété se refroidit et ces matines et vêpres, chantées à certains jours, n’étaient suivies ni par les paroissiens ni par les chantres.

Les corvées dues à la cure furent perpétuellement une source de chicanes et de difficultés. Le gouvernement dut souvent intervenir, établir des règlements qui n’étaient pas observés. Chaque propriétaire ou fermier devait les corvées trois fois par année, soit pour cultiver les terres de la cure, conduire le bois et le vin du curé. – 18 septembre 1636.

La bourgeoisie, avec le consentement du curé, de l’Evêque et du gouvernement, vend à l’encan (26 avril et 3 mai) pour 8 louis d’or (3,007 L. de 10 batz), soit 128 L. de rente, une vigne de quatre ouvriers, soit ½ pose et fraction, située à Villette, au lieu-dit « Méteillan », appartenant à la cure. M. Sallin était curé.

La bourgeoisie avait un droit de nomination du curé ; on se basait sur l’acte de séparation de 1637, confirmée par l’Evêque et l’Etat. Ces nominations se faisaient d’une manière édifiante, comme on le voit après le décès de M. Déchenaux : « Les dits nobles bourgeois, après avoir assisté à un office chanté dans l’église de Rue pour demander les grâces et lumières du Ciel, afin de faire un juste choix, agréable au Seigneur et utile à la paroisse, s’étant rassemblée dans la maison de ville sous la présidence de M. Blaise Clerc, vicaire de Saint-Martin, à la place du doyen, par ordre de l’Evêque, firent choix … »

Fondation de l’hôpital de Rue et autres fondations

M. Gremaud a publié l’acte de cette fondation (Acte de fondation de l’hôpital de Rue, 19 septembre 1661. Romont, 1869, 7 pages, et Etrennes fribourgeoises, 1809). Je donnerai un abrégé seulement de cette fondation.

Jean, fils de feu Wandell (Vendelin) Meyer, bourgeois de Rue, n’ayant pas d’enfant, déclara qu’il laissait ses biens pour ériger un hôpital à Rue, d’autant que son père avait fait sa fortune dans le baillage de Rue. N’ayant pas fait de testament, on cita les témoins des intentions du défunt, qui déclarèrent que, dans sa dernière maladie, il avait constitué noble Etienne Maillardoz et F.Terreaux, receveurs et gouverneurs de ces biens, ans le but d’ériger un hôpital. Le tout fut confirmé par l’Etat le 19 septembre 1601. (Arch.cant.rathserb., 24.)

L’Hôpital a été incendié avec d’autres bâtiments en 1896. Il possède aujourd’hui près de 55.000 francs. Dans cette somme sont compris tous les dons faits en faveur des pauvres.

Une autre fondation, qui n’existe plus, fut faite en 1344 par noble Richard, fils de feu Etienne de Prez, chevalier. Il légua des rentes que lui devaient Martin de Rescho (Richoz) d’Ursy, et Perrod Boudin, etc., afin qu’on livrât chaque année, le jour de la fête de la Sainte Eucharistie (Fête-Dieu), une aumône en pain et pois à tous les pauvres qui se présenteraient ce jour-là à Rue. L’acte, rédigé par le notaire Arma, de Moudon, fut revêtu du sceau d’Antoine de Villens, bailli de Vaud. (Arch.cant. Part-Dieu. L., No 5.)

Rue eut aussi des lépreux ; Antoine Maillardoz s’adressa, en 1422, à l’évêque de Lausanne pour faire examiner Agnès, femme de J.Francey, atteinte de lèpre, et la séparer du contact de la société. L’Evêque la cita à Lausanne à une heure après midi pour être examinée par deux médecins.

Après un examen qu’on déclare sérieux et une saignée, elle fut reconnue atteinte de la lèpre et condamnée à une séquestration complète dans une léproserie. L’Evêque écrivit au curé de Promasens pour la faire enfermer dans une léproserie dans le délai d’un mois ; en cas de désobéissance, elle était déclarée excommuniée et publiée excommuniée dans l’église paroissiale. (Mémor., vol III, p. 154.)

Fondation du curé Braillard

M. Braillard, originaire de Saint-Martin, curé de Rue de 1685 à 1722, était un prêtre zélé, aimant ses paroissiens, voulant en tout leur salut et leurs avantages temporels. On le vit faire l’école pendant plusieurs années pour une minime reconnaissance, afin de développer l’instruction et l’éducation des enfants ; mais, pour ne pas nuire au ministère pastoral, il ne faisait l’école qu’une fois par jour.

Il fit son testament le 10 février 1722 ; il possédait une belle fortune, dont une partie retourna à ses parents et l’autre fut destinée aux bonnes œuvres. Il voulut qu’on l’enterrât dans l’oratoire bâti sur le cimetière et qu’on plaçât près de sa tombe un bénitier en métal avec l’eau bénite. Il fonda des anniversaires dans six paroisses : « Quant au restant de tous mes autres biens, mon intention et ma volonté est qu’ils se partagent en deux égales portions, l’une en faveur des jeunes garçons pauvres et sages des paroisses de Rue et de Saint-Martin de Vaud, qui désirent apprendre quelque honeste métier, sous la sage et discrete inspection et distribution des deux RR : curés. Bien entendu, que ceux de la paroisse de Rue devront (caeteris paribus) être préférés à ceux de la paroisse de Saint-Martin. L’autre portion se partagera en deux nouvelles portions, la première en faveur de l’église de Rue pour ornements … et la dernière en faveur des pauvres de la paroisse de Rue ; le curé en distribuera les rentes. »

Les exécuteurs testamentaires furent D.Perrotet, curé de Saint-Martin, et D.Pierre Limat, chapelain. Le capital primitif de cette fondation était de 5,900 francs. ; il s’élève aujourd’hui à 9,100 francs.

Dons faits à l’église et à la paroisse

En 1638, Jacques Dey donna 40 florins pour réparer l’église ; Etienna Vianny légua, en 1683, à l’autel du Rosaire 10 flor., pour les cierges 10 flor. ; François Chassot, de Somentier, demeurant à Nervoz, donna , en 1635 des planches pour faire des bancs à l’église.

M. Michel de Reynold, de Cressier, bailli de Rue, a fait don, en 1772, d’une statue de la Sainte-Vierge tenant l’Enfant Jésus, en argent ; elle a coûté 8 louis d’or, chez l’orfèvre Muller.

François-Pierre de Diesbach, bailli de Rue, a donné 12 louis d’or ; avec cette somme, on a procuré un calice aux armes des Diesbach, un ciboire et un plat avec burettes en argent.

M. Muller, ancien capitaine de la garde à Fribourg, a donné, en 1786, un reliquaire en argent à rayons dorés avec une relique du B.Nicolas de Flue. Il fut inauguré le 26 mars et porté processionnellement depuis la maison du sénateur de Maillardoz jusqu’à l’église et plascé sur l’autel de Saint-Charles. M. et Mme Muller assistèrent à la fête ; la bourgeoisie, en reconnaissance, leur donna un banquet.

M.Schroetter, en 1787, a fait don d’une belle chasuble.

Le 23 janvier 1882, est décédé à Rue dans sa 58e année, et muni de tous les secours de la religion, Joseph Demierre, de Montet (Glâne), après une longue et pénible maladie, supportée avec la résignation d’un fervent chrétien. Par testament publié le 26 janvier, il a légué : A la rente des pauvres de sa commune d’origine 2,000 francs ; aux rentes de l’hôpital de la ville de Rue 4,000 francs ; pour l’érection d’une chapelle dédiée à la Sainte-Vierge sur le cimetière de Rue, ainsi que pour l’achat d’un lustre, d’une lampe et d’un tableau de Saint-Joseph destinés à orner le chœur de l’église du dit lieu, 7,000 francs ; pour des messes anniversaires 2,000 francs. Ila fait encore d’autres legs, dont le total s’élève à 22,500 francs et a institué pour héritiers ses trois frères indivis, propriétaires à Rue. C’est ainsi qu’il a disposé d’une fortune amassée au prix de ses sueurs. Infatigable au travail, d’un caractère doux et bienveillant, d’une piété exemplaire, il laisse d’unanimes regrets. Honneurs à sa mémoire !

D.François Bosson, de Rue, décédé curé et doyen à Léchelles le 3 octobre 1895, légua par testament des ornements magnifiques à l’église de Rue et une forte somme d’argent pour créer un fonds de sacristie pour les ornements ; à la suite de vice de rédaction du testament et d’autres causes, cette somme est réduite aujourd’hui à 10,100 francs.

Faits divers

Daniel Purs, châtelain de Rue, en 1561, enjoignit au Conseil de Rue, par ordre du gouvernement, d’établir dans la ville deux hotes (auberges) pour tenir bonne taverne publique.

Le premier tavernier (aubergiste) fut Pierre du Terraul, à l’enseigne de la Croix Blanche. Voilà l’origine du premier hôtel de Rue, et cette localité n’eut que deux hôtelleries jusque vers 1850 ou 1860.

Marie-Madeleine Braillard, des environs de Rue, fut admise dans le couvent de Sainte-Marie, dans le Toggenburg, 1641.

La commune de Rue acheta, en 1677, 9 poses de bois à Vaux et Vauderens, et la maison du noble Maillardoz, de Grandvaux, pour y loger le curé. Elle devait au bailli annuellement 1 franc 50. (Arch. cant. Rathserb., 30.)

Le domaine du château fut vendu en 1760 ; le clos Champion à Jacques Bosson, pour 450 écus ; le pré de l’Epine à Jean Levet et Pierre Bosson, 210 écus ; le Petit-Champ aux mêmes, 210 écus ; le clos Sous-Roches au banneret Bottelier, 602 écus, et 80 écus pour le Gros-Champ. Le morcel des Planches fut vendu à divers acquéreurs pour 500 écus, et d’autres pièces de moindre valeur.

D.Charles de Rosand, chanoine de Dijon, prêtre émigré, mourut à Rue le 29 juillet 1793 ; il fut enterré devant voulail’autel de la Sainte-Vierge.

L’époque de la Réformation a laissé des traces à Rue. D.Jean de Prez, de Rue, était religieux à Lutry ; il s’opposa à l’établissement de la Réforme et ne voulut jamais l’embrasser. Après la suppression de sa maison, il se retira à Rue : « de présent pour le changement de religion au dit Lustrie advenu, résident sur mon bien paternel de Rue, fais scavoir a tous que par ma necessité induit… et singulièrement pour mon évident profit et pour éviter grand dommage j’ay vendu, à l’avoyer de Conseil de Fribourg, pour l’avantage de leur château de Rue, un pré et une grange et le jordil situé prés de Rue prés du chemin de Blessens, de tout de la contenance de trois fourchées (seitorées) à coté du pré que les seigneurs tiennent du seigneur de Corcelle, mon frère. Vendu pour le prix de 100 écus au soleil le 13 septembre 1554. » (Arch. cant.not., No 195.)

Un inventaire des ornements appartenant à la paroisse (mais pas celui des chapelles) fut dressé, le 10 juin 1638, en présence du curé Macherel, du chapelain Dey, du banneret noble François de Maillardoz, etc.

Un calice d’argent aux armes de M. de Montenach et un hors d’usage ayant cependant la coupe en argent, servant pour la communion. Une monstrance en cuivre argenté. Un ciboire en cuivre doré et un petit cuivre pour les malades. Trois chandeliers en métal. Deux burettes en argent. Quatre coussinets pour le missel. Un grand plat d’étain. Une chape et une chasuble de velours violet avec de vieilles broderies. Une chasuble de soie violette avec la croix antique et un christ brodé, et six autres chasubles. Un missel romain et un lausannois.

Un antipendium aux armes Lanther. Une bourse pour les reliques. Quatre aubes, six nappes d’autel. Une serviette longue à communier, soit nappe de communion.

Il n’est pas parlé de dais, ni de lampes, ce dernier objet devait cependant exister.

Voici l’état du bénéfice en 1798 :

Le curé jouissait d’un domaine de 11 poses et de ¾ de poses de vigne ;

le tout produisant ………………………………………………………………….. 256 L

Intérêts des fondations …………………………………………………………….. 93 L 9 S 5 D

Intérêts de la paroisse ……………………………………………………………… 134 L 9 S

Le gouverneur lui livre annuellement 8 sacs de messel,

à raison d’un domaine amberge ………………………………………………………. 124 L 8 S

Dîmes, novales, etc …………………………………………………………………… 134 L 5 D

Les naissants ………………………………………………………………………….. 2 L 8 S 5 D

Les prémices ………………………………………………………………………….. 18 L 2 S 7 D

Il a son bois d’une forêt ; mais il doit fournir le luminaire de l’église, un pré lui ayant été donné dans ce but.

Familles distinguées

La famille de Maillardoz, avec un titre de marquis, qui était reconnu par l’Etat de Fribourg depuis 1763, est établie à Rue depuis le commencement du XIVe siècle. On dit que le premier connu est Pierre, qui vivait en 1306. Depuis lors cette famille nous présente une multitude de militaires, de chevaliers, qu’on trouve sur les champs de bataille dans presque tous les pays d’Europe.

Georges, fils de Pancrace, perdit la vie au siège d’Ypres. Martin, frère de Georges, périt dans les Pays-Bas au service de la France, Son fils Jean-François, capitaine et chevalier de Saint-

Louis, fut tué au siège de Berg-op-Zom en 1747. Jean-Nicolas, au service de la France, se trouve aux combats de Richevaux, Fontenoy, Lawfeld, Tournay, Oudenarde, etc.

Jean-Frédéric Roch, dit le chevalier Maillardoz, assista aux combats de Fontenoy ; Henri-Ignace, fils d’Augustin, capitaine au service de l’Empereur, résista en 1713 pendant trois semaines dans le château de Fribourg-en-Brisgau à l’armée française et provoqua l’admiration du maréchal de Villars.

Plusieurs membres entrèrent au service de l’Eglise comme prêtres séculiers et religieux. Perronelle fut abbesse de Bellevaux. Constantin, fils du célèbre Jean-Frédéric Roch, fut abbé d’Hauterive. Marie-Brigitte fut abbesse de la Fille-Dieu.

La famille a donné plusieurs membres à l’ordre des Jésuites : le R.P. Charles, célèbre missionnaire en Allemagne, mort en Regensburg en 1735 ; François-Xavier, gouverneur des princes de Saxe, mort en 1754.

François Maillardoz éleva dix enfants, dont François-Nicolas et Pierre entrèrent dans l’Ordre des Capucins, et leur frère Jean-Pierre mourut à Paris, docteur de la Sorbonne.

Le P : Hilaire Maillardoz, capucin, naquit à Fribourg en 1632. Religieux très savant et d’une grande vertu, il passa quarante-trois ans dans l’Ordre et fut plusieurs années professeur de philosophie. Il composa un ouvrage devenu rare : Manuductio ad meditationem. Il mourut à Fribourg en 1691.

Les Gonel ou Gonelli. Plusieurs familles nobles habitaient Rue et y possédaient des châteaux et des propriétés. Les nobles de Prez avaient probablement remplacé les de Rue ; à côté de leur château était celui des de Pesmes, seigneur de Brandis et ensuite remplacé par les Montmajeur.

Une autre famille noble apparaît dès le XIVe siècle, c’est celle des Gonel. Guillaume vivait en 1390. Il fit son testament en 1406. Il avait une nombreuse famille, dont sept garçons. Son fils Pierre fut châtelain de Rue, ainsi qu’Antoine, autre fils en 1428.

Pierre vivait de 1428 à 1466 ; sa femme fut Agnès de Lucinge ; il eut une très nombreuse famille. Georges Gonel, fils d’Aimé Gonel, donzel, possédait le moulin et la scie du village de Prez, qu’il avait reconnu à Messeigneurs de Fribourg après la conquête du Pays de Vaud. Ceux de Prez étaient obligés de moudre à ce moulin et non ailleurs, et de n’avoir d’autre scie que celle de Georges. Il fut le père de Françoise, fille unique et dernière de la famille ; elle épousa Wilhelm, fils de Pancrace Techtermann, et par elle les biens et la seigneurie de Bionnes passèrent aux Techtermann. Georges vivait de 1545 à 1570.

Chapelains de Rue

1417 D. Jean Bron, recteur de la chapelle de Saint-Nicolas, décédé à Rue

1417 D.Thomas de Chinca, chapelain de Saint-Antoine

1417 D. Jean de Dola, chapelain de Notre-Dame

1425-1432 D. Jean de Baptista, chapelain de Notre-Dame

1427 D. Jean Blout, chapelain de Saint-Nicolas

1433-1450 D. Guy Berger, chapelain à Rue et notaire ; en 1450, il demeurait à Vuisternens

1435 D. Pierre Dey, chapelain

1447 D. Jacques Clerionis (Clerc)

1447 D. Guilaume Gruate (M. et D., XXXVI.)

1453 D. Jean de Prez

1453-1456 D. Guillaume Preux (Probi), de Vevey, chapelain de l’autel de la Sainte-Trinité. (Visites de Saluces et Acte de fondation de la chapelle.) Il était parent des nobles Gonel.

1457 D. Gui Bollieti, chapelain de Notre-Dame

1464-1496 D. Nicolas Drochat, chapelain de Notre-Dame. (Dict. Kuelin, p 315.)

1484-1517 D. Louis Monachi (M. et D. XXIII), chapelain de Saint-Antoine

1504 D. Pierre, fils de Nicod de Prez, de Rue, est institué chapelain de l’autel de Notre-Dame, dans l’église de Rue, bénéfice vacant par la résignation d’Henri Sapientis, clerc. Le patronat appartenait au curé de Promasens, D. Claude Sapientis, conformément à l’acte de donation. (Voir visite de Saluces et manus à la Bibliothèque de Lausanne.)

1520 D. Pierre du Fey, chapelain de Saint-Nicolas ; après lui D. François Moennat, ensuite D. Edouard de Cupis

1536 D. Pierre Ruphile, nommé altérien à Rue

1544 D. François Forestier, chapelain de Saint-Nicolas

1544-1555 D. Guillaume Gonat, chapelain de l’autel de la Sainte-Trinité à Rue et celui de Saint-Théodule à Morlens, remet aux patrons MM. De Maillardoz les titres de son bénéfice qu’il résigne.

1555 D. Pierre du Terraul, chapelain de l’autel de la Trinité, cite devant le châtelain le tuteur des enfants Maillardoz pour obtenir les titres de sa chapelle qu’on lui refuse. Le tuteur reconnaît la vérité de ces faits. 25 mai 1555. (Arch.du trib. de Rue au tribunal de la Glâne.)

1555 D. Jean de Prez, chapelain à Rue, fils de feu Nicod, fait son testament.

1595-1602 D. François Lugrain

1607 D. Guy Fontana

1614 D. Charles de Blonay

1638 D. Guillaume Manot

1633-1664 D. Pierre Dey, frère du chapelain de Grolley. Il fonda deux messes à l’autel de la Trinité avec l’assentiment du collateur, le châtelain Maillardoz.

1649-1655 D. Jacques Becheraz

1653 D. Pierre Rossier. Il fut reçu bourgeois d’Arlens en 1653 pour 25 florins et un banquet.

1664-1675 D. Jean Glasson

1670-1678 D. François Descloux

1680 D. François Braillard, de Fribourg.

1689-1692 D. Joseph-Nicolas Maillardoz

1692-1696 D. Pierre ou Bernard Pittet, du Crêt.

1696-1709 D. Jacques Equey, de Villariaz

1710-1743 D. Pierre Limat, d’Assens, chapelain de la Trinité, décédé le 9 juillet 1743.

1743-1746 D. Jean Richard, de Prez, décédé subitement le 5 juin 1746 ; chapelain de la Trinité, enterré à Siviriez.

1746-1784 D. François-Nicolas-Antoine Conus, de Rue, décédé le 6 février 1784, âgé de soixante-huit ans.

1780-1784 D. Jean-François Braillard, de Saint-Martin.

1784-1793 D. Pierre-Joseph Sallin, de Villaz-Saint-Pierre ; il fut ensuite curé.

1793-1807 D. Claude-Joseph Sonney, de Blessens.

1807-1815 D. Gilbert Vermeille, de Saignelégier (du Bémont)

Depuis 1810 ou 185, la paroisse de Rue n’eut plus de chapelain, malgré les nombreuses fondations d’anniversaires et autres ; il paraît que la chapelle n’était plus considérée comme bénéfice ecclésistique.

1848-1853 D. Jacques Bersier, curé de Remaufens ; exié par les autorités de 1848, il vint se réfugier à Rue, où il mourut le 30 juin 1853. Il fut desservant des chapelles.

Curés de Rue

La séparation eut lieu en 1620, mais c’est en 1623 que le premier curé fut nommé ; jusqu’àcette date le curé de Promasens devait avoir un vicaire à Rue, qui y remplissait une partie des fonctions paroissiales les dimanches et fêtes surtout, et chaque lundi il y chantait une messe pour les défunts.

1623 D. Antoine Morel, premier curé. En 1625, il dût opérer la saisie d’une pose de terre pour se payer de la desservance du bénéfice.

1627 D. François Currat. (Cottet, not.)

1632 D. Jacques Macherel, de Romont. Il a établi les premiers registres de baptêmes en 1632 ; il fut nommé membre du clergé de Romont et remplacé par son frère D. Claude Macherel, élu le 17 novembre 1637.

1637-1641 D. Claude Macherel, curé, chapelain à Bourguillon.

1642-1644 D. Pierre Dey, de Rue.

1655-1666 D. Pierre Rossier, curé et doyen ; il était chapelain à Rue au moment de son élection.

1666-1685 D. Joseph-Nicolas Maillardoz, curé et doyen.

1685-1722 D. Jean-François Braillard, curé, doyen, décédé à Rue le 13 février 1722. Il fit pendant plusieurs années l’école et cela pour un minime salaire ; il donnait aussi des leçons de plain-chant. (Voir sa fondation supra)

1722 D. Béat-Louis Conus, de Saugy (Siviriez), décédé le 17 octobre 1722.

1723-1752 D. Jean-Joseph Deschenaux, de Morlens-Ursy, décédé à Rue le 14 mai 1752.

1752-1765 D. Jean-Baptiste Marthe, d’Ependes, vicaire à Sales au moment de son élection, décédé le 29 juin 1765. Il fut aussi doyen.

1765-1793 D. Claude-Joseph Michel de Bulle, vicaire à Porsel.

1793-1809 D. Pierre-Joseph Sallin, de Villaz-Saint-Pierre, décédé à Rue le 2 septembre 1809.

1809-1811 D. Pierre Morel, de Lentigny, mort à Rue le 5 avril 1811.

1811-1815 D. F.-Nicolas Perrosset, du Landeron.

1815-1826 D. Gilbert Vermeille, de Bémont, près de Saignelégier, né le 12 janvier 1759, entré chez les Prémontrés de Bellelay, profès le 27 mai 1781, prêtre le 5 juin 1784. Il fut l’un des huit religieux retenus en otage par les Français pour régler définitivement les comptes des pensionnaires. Relâché le 5 février 1798. (Rauracia sacra.) C’était un prêtre très instruit et plein de mérites. Après la suppression de son couvent, il se retira à Soleure et ensuite à Fribourg. Il a fondé l’école des filles de Rue en donnant 12.000 francs pour cette bonne oeuvre. Il est mort à Rue le 9 juillet 1826. Puisse Rue n’oublier jamais ses bienfaiteurs ! Le religieux Vermeille a vécu près de vingt ans comme chapelain et curé de Rue.

1827-1832 D. Claude Berchier, de Cugy, mort curé de Montbovon.

1832-1844 D. Pierre Minguely, de Cournillens.

1844-1860 D. Claude-Joseph Raboud, des Glânes (Villaz), mort curé-doyen à Romont.

1860-1863 D. François Glasson, de Bulle, mort à Rue le 8 février 1863.

1863-1880 D. François Pilloud, de Châtel-Saint-Denis. Il fut pendant quatre ans vicaire à Echallens, et ensuite curé de La Roche : c’était un homme d’une profonde humilité et d’une sincère piété, grave dans ses relations, mais d’une grande bonté. Observateur de la nature, il acquit un vrai talent dans la peinture de certains objets d’histoire naturelle, surtout des papillons. Il fut frappé d’apoplexie en chaire le jour de l’Ascension, après un sermon sur le ciel. Mort le 7 mai 1880, il fut enterré à Châtel. Oncle de D. Chillien, professeur.

1880-1882 D. Nicolas Bovet, de Promasens, né le 24 août 1828, élève du collège germanique à Rome, ordonné à Rome le 2 juin 1855, vicaire à Berne en1856, professeur au collège de Fribourg en 1857, chapelain aux Siernes d’Albeuve après un essai au noviciat de Mariastein, curé du Locle en 1870, directeur des dames Dominicaines à Estavayer en 1872, chapelain à Chapelle (Promasens) en 1876, curé-doyen à Rue en 1880, curé et doyen à Villarsiviriaux en 1882.

1882 D. François-Emile Moget, de La Tour (diosèce d’Annecy), né le 18 novembre 1841, ordonné à Paris le 14 novembre 1869, vicaire à Châtel-Saint-Denis et curé de Villarvollard en 1872. Il est le vingt-quatrième curé de Rue depuis l’érection de cette paroisse. Puisse Dieu lui accorder la santé ! Il est aujourd’hui chapelain à Chavannes-les-Forts.

1897 Marie-Placide Bavaud, de Bottens, né le 18 février 1859, ordonné le 25 juillet 1885, vicaire à Vevey, ensuite à Assens, curé de Bussy en octobre 1889, directeur de l’école secondaire à Bulle en 1894, curé de Rue en 1897.